mercredi 20 février 2008

Être là pour l'autre: de la conception à l'accouchement

Je ne sais pas si ce billet sera intéressant pour vous. Je tente un expérience. Expliquer le processus de création de mon dernier billet, à la fois pour vous le partager et pour l'avoir sur écran, devant mes yeux. Ne soyez pas mal à l'aise de ne pas en terminer la lecture...

Quelque part en automne
Je regarde une émission de danse avec Blondinette. Arrivent ces deux danseurs sur scène sur une musique superbe. J'ai les larmes aux yeux même si je ne comprends pas tout à fait pourquoi. Blondinette non plus, ne comprend pas tout à fait pourquoi.

La semaine passée
Je retrouve le vidéo sur Youtube un peu par hasard et l'écoute à nouveau deux, puis trois fois. Et puis je comprends. Tout y est, les mouvements brusques, saccadés de la danseuse qui expriment les hauts le coeur. L'homme à ses côtés, tantôt solide, tantôt fragile. Le moment juste avant le grand saut, où le danseur perd le contrôle avant de se retourner pour attraper la danseuse...

J'aurais aimé être ce danseur lorsque Blondinette est tombée, comme elle le devient souvent lorsque je tombe.

Dimanche matin
Je cherche en vain un sujet de billet qui saura vous faire rire. Un beau billet du dimanche, léger comme une ostie, mais en vain. Je n'ai que ça en tête alors je m'y mets. J'écris le premier paragraphe, qui restera presque intact dans la version finale. Je dois ensuite quitter pour aller chez mes beaux-parents à l'extérieur de la ville pour la journée. Je me sens frustré, déçu, confus de ne pouvoir terminer mon billet. On dirait que je suis en plein milieu d'une zone d'ombre et je n'ai pas pu l'exprimer pleinement. Blondinette me demande à plusieurs reprises si ça va. Oui, oui, ça va...

Dimanche après-midi
J'ai vendu mon ancien ordi à mes beaux-parents et je suis chez eux, à tenter, patiemment, très patiemment, de leur expliquer comment télécharger les photos de leur appareil numérique dessus. Mais ma tête est ailleurs. Je pense à mon billet, à la forme qu'il prendra, à quelques lignes "punchées", etc.

Dimanche soir
On revient à la maison et après avoir couché les filles, je descends au garage avec mon portable. Le billet s'écrit rapidement.

Les deuxième et troisièmes paragraphes sortent comme un soupir. Je décide de commencer tous mes paragraphes par l'expression "il n'y a pas si longtemps..." mais ça fait bizarre à certains endroits. En plus, je m'apperçois que le narratif et "l'explicatif" se mélangent et, comme il m'arrive souvent, j'ai de la difficulté à y mettre de l'ordre. Je décide donc de mettre le narratif en italique.

Le vidéo est là et traîne en bas de ma page. Je ne sais toujours quoi en faire. Il est l'inspiration de ce billet, je trouve la chorégraphie très belle mais j'ai peur que ça fasse un peu "kitch". Mais je suis incapable de l'effacer car je le regarde continuellement tout au long de mon écriture. Je décide donc de le garder mais ne sait tout simplement pas comment le présenter.

Je trouve l'idée pour les deux derniers paragraphes. J'ai parlé de mon passé avec elle et je suis en pleine évolution. Je me dois donc de parler du présent. En plus, j'ai peur que les gens perçoivent le billet comme une longue plainte d'un ti-cul qui cherche seulement à se faire materner ou paterner. J'écris donc le dernier paragraphe qui parle de mes objectifs et du futur tel que je le vois.

Finalement, je révise mon texte, comme d'habitude en faisant semblant que je le lis pour la première fois. Comme d'habitude, je me pose deux questions tout au long de ma lecture:
1)Si j'étais un lecteur qui tombait sur mon blogue, serait-ce intéressant à lire?
2)Est-ce que les mots sont bien choisis?
3)Puis-je remplacer quelques expressions par d'autres plus recherchées?

Je monte dans la chambre. Blondinette est déjà couchée mais ne dort pas. Je fais lire mon billet à ma pudeur sur deux pattes. Elle le trouve joli et est d'accord pour que je parle d'elle sur le net. Je le publie et voilà.

Elle me regarde et me pose LA question:

-Ce que tu as écrit, c'est vraiment ce que tu penses?

La réponse, je la garde pour nous...

4 commentaires:

prof en exil a dit…

comme je peux voir le processus de création n'est pas toujours facile! Mais il est aussi, sinon plus important que le résultat!
en passant quand tu te poses deux questions, y'en a toujours trois qui sortent? ;)

Jhon a dit…

Contrairement à ce que disait l'introduction, je n'ai eu aucun mal à arriver au bout - j'ai même eu un sourire en arrivant à la fin, j'ai trouvé ça mignon :)
C'est étrange et intéressant de voir comment un billet écrit avec les tripes est conçu. Je retrouve des points communs avec certains trucs que j'essaie d'écrire mais n'y arrive pas.
T'écris avec tes tripes et ça se sent :)

Alain a dit…

Bon, je n'y tiens plus... Je croyais pouvoir attendre de lire les deux années qui me restent, mais j'aurai beaucoup trop à dire...

Je suis tombé tout à fait par hasard sur votre billet de décembre 2010, et depuis, je suis subjugué par votre style! J'ai alors repris la lecture de votre blogue depuis le début.

Étant de la même espèce saignante, sachez cher confrère, que votre plume me plaît. De lire comment vous vous y prenez pour faire jaillir vos idées me réconforte. En fait, tous les moyens sont bons... S'agit de trouver l'bon! Avez-vous réfléchi à la possibilité de reproduire vos billets dans un recueil?

Je ne sais pas si vous retrouverez ce message mais je tenais à le laisser à cette étape de ma lecture.

L'ensaignant a dit…

On finit toujours par trouver...

Merci beaucoup, M.Alain. Comme vous verrez si vous avez le courage de continuer votre lecture encore quelques mois, je m'égare hélas quelque peu...

Mais ne sait-on jamais!