Dans la pièce, il y a un chat. Il s'agit du chat d'une sorcière, mais pas noir du tout. Pour costumer les filles qui font ce chat, on leur a déniché une énorme tête dans les sous-sols d'une société bien connue que je ne nommerai pas pour ne pas les mettre dans l'embarras. Jusque là, à part le danger de chute à cause de vision réduite, tout est bien et même que le l'effet est assez réussi. Jusqu'à cet après-midi...
Je travaille dans la coulisse du côté cour avec le metteur en scène qui aujourd'hui, regardait les générales de la salle. Je suis donc seul dans un cubicule d'environ cinq pieds par huit. Les odeurs des enfants nous arrivent assez rapidement aux narines dans un si petit endroit.
La première fois que le chat est passé, j'ai eu comme une bouffée qu'on découvre normalement au printemps lorsqu'on est propriétaire de plate-bandes. Comme un odeur de jus de pomme laissé sur le comptoir un peu trop longtemps. Il y avait environ cinq comédiens qui entraient sur scène en plus des danseurs et des chanteurs qui sortaient. Je n'en ai donc pas fait de cas.
Mais voilà que le chat a la mauvaise habitude de se présenter un peu tôt en coulisses pour ses entrées en scène et vu la petitesse des lieux, les rapprochements sont inévitables. Et c'est là que j'ai vraiment senti l'intensité de l'odeur qui se dégageait de la petite. Je vous évite les superlatifs, qui ne seraient de toute façon pas assez forts pour décrire la situation. Et elle attend, et elle attend, et elle attend. À la fin du spectacle, je me tenais la moitié du corps en-dehors de la coulisse, c'est tout vous dire pour un "control-freak" comme moi.
Après le spectacle, bien décidé à éluder le mystère, j'ai pris son costume une fois les enfants partis et j'ai senti. C'est le masque et les gants, allez y comprendre quelque chose!
Jusqu'à maintenant, je n'ai qu'une seule hypothèse, observée parfois chez mon zoo lorsqu'on a le bonheur d'aller dans une toilette publique. Elles s'installent sur la toilette, se penchent un peu trop par en arrière et le jet manque la cible, pourtant bien blanche et bien grande. Il suffit d'avoir déposé son masque et ses gants devant soi et ...
Par respect pour l'autre qui aura à porter ce costume demain matin, on l'a soupoudré d'un liquide pour laver les habits de mascotte. Il sent l'orange.
Si quelqu'un a un autre hypothèse, qu'il se manifeste. Mais je ne vous en voudrais pas de ne pas en donner. C'est vraiment le genre de billet qui sort lorsqu'on passe trop de temps enfermé.
lundi 26 mai 2008
Un palpitant billet d'un En Saignant qui n'a pas vu le soleil de la journée! (Jour 2)
dimanche 25 mai 2008
Un palpitant billet d'un En Saignant qui n'a pas vu le soleil de la journée!
Vous savez, ces petits crabes que l'on apperçoit, fuyant les vagues sur la plage? Avez-vous remarqué que plusieurs espèces courent sur le côté? Comme un "Moonwalk" sauf que c'est dans une autre direction et que les crabes ont depuis longtemps accepté leurs imperfections physiques et ils ne ressentent aucun besoin de s'auto-mutiler.
Donc, toute la journée, j'ai attendu l'occasion de faire le crabe à mon tour. Pour ceux qui sont étrangers au montage d'une pièce de théâtre, faire le crabe signifie marcher de côté lorsque la directrice technique essaie un éclairage. Je vous en donne un exemple.
Directrice technique: En Saignant, un peu plus du côté cour s.v.p.
En Saignant part vers sa gauche en sautillant pour rejoindre le point voulu.
Directrice technique: Euh, un peu plus encore.
En Saignant continue vers sa gauche en faisant un pas (ou est-ce deux?), un tout léger pas vers sa gauche.
Directrice technique: Euh, tu es trop à cour, bouge un peu vers jardin!
En Saignant exerce sa démarche vers la droite et mime des pinces avec ses mains en arquant les jambes, ses yeux ronds ne clignant pas. Il attend les rires qui ne viennent pas. Seulement un toussotement.
Directrice technique: On me l'a fait mille fois celle-là, En Saignant! Bouge encore un peu du côté jardin s.v.p.
Dans le fond, de tous les animaux que je connaisse, le crabe est peut-être le plus dénudé de sens de l'humour que je connaisse. C'est vrai, pouvez-vous vraiment imaginer une seule seconde un crabe s'avançant de côté sur une scène, les pinces en l'air et, une fois rendu sous le "follow spot", racontant une bonne "joke" au micro?
Mais voilà, il n'y a pas eu de crabe ce soir car on ne s'est pas rendus là. C'est donc les mollets un peu trop légers que je cours me coucher. À demain peut-être, pour un autre succulent billet (hum, hum!).
jeudi 22 mai 2008
Le clin d'oeil du week-end avant le week-end et une longue absence(vol.4)
Koala est debout dans sa chambre, à une heure où elle devrait être endormie dans son lit. Blondinette s'en approche et lui demande:
-Pourquoi tu es debout?
-Parce que je ne dors pas! lui répond-elle.
-Pourquoi tu ne dors pas? demande Blondinette.
-Parce que je suis debout!
À quel âge ça commence à être compliquée, une femme?
Je n'aurai pas tellement le temps d'écrire d'ici mardi. Un énorme projet rempli de sourires et de fierté à réaliser. Portez-vous bien d'ici là et si vous ne savez pas où aller, jetez un coup d'oeil par là. Vous verrez avec quelle énergie on ressuscite des morts parfois!
lundi 19 mai 2008
Les tumultueuses aventures de Prof Malgré Tout, Prof Masqué et En Saignant (vol.2)

Puis, il y eut ce silence. Était-ce la balloune qui l'empêchait de parler? Était-ce seulement elle sur la photo? Et si elle s'était noyé dans son royaume de la rivière? Les questions abondaient de partout sur les blogues, y compris le sien, laissé à l'abandon. Qu'un petit post de son bien-aimé Bronsky, nous disant qu'elle était vivante, sans nous donner plus de détails. Et si c'était lui qui avait... Non, impossible.
Certaines personnes pensaient que la D.P.J. était dans le dossier. En effet, depuis qu'elle avait filmé un de ses enfants en train de s'endormir sur sa chaise haute, les plaintes s'étaient multipliées au bureau-chef.
***
-Oui, allo? répondit En Saignant.
-En Saignant, c'est Prof Masqué, on doit faire quelque chose! s'écria une voix à l'autre bout du téléphone.
-Euh..., répondit En Saignant, se rappellant trop fidèlement sa soirée télévisuelle avec lui. De qui parles-tu et que veux-tu dire?
-Pour Gooba, j'ai vraiment peur qu'il lui soit arrivé quelque chose. J'appelle PMT et on te rejoint chez toi! dit-il rapidement, avant de raccrocher.
En Saignant eut à peine le temps de convaincre Blondinette et son zoo de quitter la maison pour quelques heures que déjà, les effluves d'alcool emplissaient ses narines. Des effluves de scotch sur fond musical. À peine eut-il le temps de réaliser qu'ils étaient arrivés qu'ils étaient déjà assis dans sa cuisine, l'un masqué et capé, l'autre mal rasé et scotché.
-Bon, voici le plan, commença PM. Nous devons pénétrer sa vie réelle afin de sauver la Gooba virtuelle et ce, par tous le moyens!
-Bof, moi, vous savez, Gooba n'est qu'une lectrice parmi la centaine qui viennent visiter mon blogue. Alors..., interrompit PMT.
-Mais tu n'as rien compris! Une Gooba qui disparaît, c'est la blogosphère qui meurt un peu! s'écria PM, les émotions agitant son masque dans tous les sens.
-Si tu le dis... répondit PMT, sans aucune émotion.
PM expliqua le plan à ses comparses dans ses moindres détails. Chacun y irait avec ses forces, usant de ses super-pouvoirs afin de la rammener à la raison.
-Mais PM, ça me semble beaucoup de travail pour deux hommes vifs d'esprit comme nous et PMT, non? se demanda En Saignant. J'ai peur que cette fois, nous manquions à la tâche.
PM le regarda, profitant du moment de suspense. En fait, il profita tellement longtemps du moment de suspense que PMT sortit sa guitare et commença à jouer.
-O.K., O.K., O.K., je me dépêche alors! interrompit rapidement PM. En Saignant, tu me déçois. Moi qui t'aies pris sous ton aile dès ton arrivée ici, je te croyais plus perspicace!
En Saignant baissa la tête, la honte envahissant son coeur virtuel. D'une main, il s'amusait avec un jouet de son Koala chéri, de l'autre, il manipulait son masque de médecin, qui lui servait de déguisement pour ses missions de sauvetage héroïques.
-Và ouvrir la porte, je t'en prie. Je crois que des gens veulent nous joindre dans notre quête! dit PM, la voix dramatique.
En Saignant franchit l'espace entre la cuisine et la porte d'entrée d'un pas hésitant, se demandant si PM n'était pas tombé sur la tête. Il ouvrit la porte et vit que deux personnes l'attendaient sur le balcon. L'une portait un habit de travailleur avec le casque jaune, les outils à la taille et surtout, un masque rose lui bandant les yeux et l'autre était équipée d'une ceinture remplie de crayons de correction, habillée d'un habit d'écolière dignes des plus grands établissements d'enseignement privées.
-En Saignant, PMT, je vous présente Marie-Andrée et Hortensia, les nouveaux membres de notre groupe! dit PM. Ils nous aideront à réussir notre plus grande mission jusqu'à ce jour, sauver Gooba!
Les deux nouvelles comparses entrèrent dans la cuisine et s'y assirent, attendant la suite.
-Ils connaissent mieux Gooba que quiconque. Ils sauront nous aider à créer le contact.
-Mais PM, je crains que ce ne soit pas assez, dit En Saignant. Je ne veux pas te sous-estimer mais ton emploi du temps occupé entre la lecture de tes 50 romans hebdomadaires et l'écriture de tes 10 billets quotidiens ne te permettra sûrement pas de voir au bon déroulement de l'opération.
-Ne t'en fais pas pour ça! J'ai plusieurs ressources!
Les quatre super-héros et super-héroïnes discutèrent longuement pendant que PMT écoutait et buvait. Le plan était parfait, ne manquait plus que l'exécution.
***
Par un samedi pluvieux, Gooba était à l'épicerie avec ses huit enfants, les quatre avoués sur la blogosphère et les quatre qu'elle avait eu le temps d'avoir depuis sa disparition. Avouons qu'elle savait faire bon usage de son temps libre! Bronsky était cependant un peu agacé lorsqu'elle le sondait avec choix de réponse après "l'acte".
Alors qu'elle poussait son panier jusqu'à la caisse, elle fut arrêtée par un personnage qu'elle ne connaissait pas et qui bien rapidement, l'attira vers l'arrière-boutique. Elle le suivit bien malgré elle lorsqu'elle apperçut sa horde de stylos de toutes les couleurs accrochés à sa ceinture.
-Allez, sors les items de ton panier que je corrige les prix, ma chère amie! lui dit Hortensia d'un air suspect, sous les yeux remplis de surprise de ses huit enfants. Si ce sont des problèmes d'argent qui t'empêchent d'écrire, j'ai le pouvoir d'arranger cela!
Gooba fuit l'arrière-boutique pour retrouver Bronsky qui traînait devant les cannes de petits pois, quelques allées plus loin. Ils laissèrent le panier là et s'enfuirent par la porte principale, pas avant d'avoir pris la présence de leur marmaille, y compris la quatrième qui dormait dans le panier.
Arrivée devant son auto, elle aperçut PM qui l'y attendait, une pile de papiers sous les bras.
-Regarde Gooba, j'ai écrit tes cinquante prochains billets pour bon blog. Tu n'auras qu'à les copier, je ne te ferai pas d'histoire! Ça parle de plein de choses, de tes enfants, de sexe et de moyens d'émulation au cas où ça serait le manque d'inspiration qui t'empêcherait d'écrire. Il y en a même un qui est un résumé d'un article du devoir sur... Oups, ça, c'est le mien! s'écria t'il, en jettant des regards furtifs à gauche et à droite, semblant craindre l'arrivée d'autorités quelconques.
Bronsky saisit PM par la cape et le fond de culotte et le lança vers l'horizon, paraissant à peine surpris de le voir s'envoler au-dessus de l'épicerie. Ils démarrèrent rapidement et quittèrent le stationnement à bord de leur autobus jaune qui servait de transport à sa classe personnelle.
-Chéri, je sais que tu dois avoir le goût de rentrer à la maison le plus rapidement possible mais peux-tu arrêter à la S.A.Q.? Je crois que j'ai vraiment besoin d'un "remontant"!
Bronsky sourit et stoppa la voiture quelques coins de rue plus loin devant le magasin. Gooba sortit de la voiture et y pénétra.
Elle entendit le son d'une guitare qui semblait l'appeller dans le fond du magasin, juste en face des boissons fortes. Là se trouvait un personnage mal rasé, portant une chemise bohème et des jeans patchés. Une forte odeur de scotch l'enveloppait.
-Écoute, Gooba, la boisson n'est pas la solution, crois-moi. Je sais que tu traverses une mauvaise passe mais l'alcool ne t'aidera en rien. Alors, je ne peux te laisser sortit de la S.A.Q. avec tout ce vin! Borde, écris un billet, bordel! Tu verras, tout ira mieux, tout le monde ira mieux!
Gooba déguerpit le plus rapidement possible et sauta dans l'autobus qui l'attendait à l'extérieur, laissant tout derrière elle. C'est alors qu'une vieille voiture, immatriculée SAIGNANTMOBILE se gara devant elle, empêchant l'autobus de quitter le stationnement.
Un personnage d'une beauté exceptionnelle sortit de la voiture et revêtit les deux grands panneaux attachées avec des chaînes qui lui servaient d'habit d'homme-sandwich. Sur un côté était inscrit les mots "GOOBA, ABOOG, BAGOO..." et sur l'autre, la phrase-clé: "... PEUT IMPORTE TON NOM, ON NE PEUT SE PASSER DE TOI!". Il dansait, encourageant les voitures à klaxonner sur leur passage.
L'autobus démarra sur les chapeaux de roues, laissant En Saignant danser tout seul. Ils se précipitèrent vers leur maison avec l'espoir d'y trouver un peu de paix. Ils débarquèrent de la voiture, comptèrent les enfants et au moment où ils se tournaient vers leur maison après avoir pagayé durant quelques minutes afin de s'y rendre dans leur canot d'écorces, ils l'apperçurent. Elle les attendait, le marteau dans une main, la scie ronde dans l'autre.
-Si ce sont les rénovations qui t'empêchent d'écrire, Gooba, laisse-moi t'aider! dit Marie-Andrée. Je peux te faire ça en quelques années, mes preuves sont faites!
Ils claquèrent la porte derrière eux, laissant le personnage seul sur le balcon. Ils n'était pas aussitôt assis sur le sofa que Bronsky la regarda d'un air grave et lui dit:
-On doit faire quelque chose! C'est vraiment rendu du harcèlement, ce que tes namis font pour toi, ne trouves-tu pas?
-Oui, je suis d'accord, appelle les avocats! répondit Gooba, délaissant son sondage qu'elle se faisait à elle-même pour passer le temps, une mine désolée assombrissant son visage malgré tout.
***
Après avoir écouté la défense du groupe d'individus qui plaidaient la dépendance virtuelle bloguale, le juge fut sans équivoque. Les mots prononcés, d'une gravité sans pareille, jetèrent la consternation parmi les cinq super-héros. C'est alors que la porte du tribunal vola en éclats. Y entra un personnage portant une soutane lui recouvrant le visage. Comme seule décoration, sur le brun de son habit, était inscrit un Z en lettres majuscules.
Elle s'avança devant les spectateurs ébahis et prit la parole.
-Monsieur le juge, vous ne pouvez condamner ces héros. Ce ne sont pas eux les coupables. C'est moi qui est en arrière de tout ça! dit Zed. Croyez-vous vraiment ces personnes capables d'un plan aussi parfait?
-Euh, en effet, non! dut avouer le juge, ce qui fit baisser la tête au groupe tout entier, sauf à PMT, qui dormait déjà après avoir bu sa troisième bouteille de whisky.
-Voyez-vous, votre seigneurie, Gooba est essentielle à la survie de la blogosphère. Elle en est l'âme, la mère, l'enseignante, la femme!
-Que voulez-vous dire par la mère, l'enseignante, la femme? s'encquérit le juge.
-Je ne sais pas, c'est écrit sur son blogue! répondit Zed. Anyway, écoutez, comme je suis sensible à absolument TOUTES les causes, de l'homophobie à la survie des phoques en Arctique, en passant par le droit des saumons de frayer en toute liberté, j'ai monté toute l'opération afin de sauver les blogueurs et les blogueuses, qui ont aussi des droits!
-Votre défense me semble juste et vraie, Mme Zed. Mais à moins que Gooba ne décide elle-même de retirer sa plainte, le jugement a été rendu, répondit le juge.
Toutes les personnes se regardèrent, le suspense était palpable, on le goûtait presque. Gooba se leva et prit la parole.
-J'ai peut-être compris ce qu'il y a derrière tout ça, dit-elle, d'une voix émue. Mais j'ai simplement eu l'envie de disparaître un peu, histoire de voir ce que ça faisait. Et oui, je retire ma plainte. Mais s.v.p., cessez de me harceler...
-Tu reviendras? lui demandèrent-ils, les yeux remplis d'espoir.
-Continuez à visiter mon blogue et vous verrez! dit-elle, avant de sortir du tribunal, un sourire au coin des lèvres, suivie de Bronsky, de ses huits enfants et de son neuvième, qu'elle avait eu le temps de faire en attendant dans la salle d'attente du palais de justice.
Les comparses se regardèrent, ayant l'impression qu'ils avaient fait tout ça pour absolument rien, découragés. Zed les prit à part et leur annonçant, fière d'elle:
-Si elle n'est pas revenue d'ici une semaine, j'ai déjà convaincu 25 blogueurs d'écrire un billet sur eux, ne vous en faites pas!
enFIN!
vendredi 16 mai 2008
Ce n'est pas passé aux nouvelles
Photos prises en 1972, à l'aide d'une caméra MinoltaAnd I don't know if I'm being foolish
jeudi 15 mai 2008
Le clin d'oeil du week-end avant le week-end (vol.3)

lundi 12 mai 2008
Mon Koala
Elle ressemble à tous les autres koalas. C'est un peu ce qu'on veut comme parent, non? On veut nos enfants ressemblant aux autres avec un petit extra, quelque chose que les autres n'auront pas et qui fera la différence contre l'indifférence. Qui leur permettra de se fondre dans la foule mais qui fera en sortes que tous les gens sauront toujours où ils sont.
Ils sont beaux, n'est-ce pas? Reconnaissez-vous celui de gauche, celui qui se tient fermement après sa soeur? C'est Koala. Je m'étais promis de ne jamais montrer mes enfants en photo sur mon blogue mais je me suis trahi. Si au moins c'était la première fois.Elle, sa différence jusqu'à tout récemment, c'était son caractère. Elle sait ce qu'elle veut et lorsqu'elle le veut, elle le veut fort. Et elle fonce sur quiconque l'empêchant de l'avoir. Une très forte personnalité contenue dans une boule d'affection. Un vrai Koala collée contre son papa, sa maman ou sa grande soeur. Une charmeuse que je vous dis. Elle vous fait choquer un moment et vous fait une blague la minute d'après où vous devez vous empêcher de rire afin de garder votre air "grave".
Il y a environ six mois, lorsqu'elle était très énervée, elle nous regardait et les mots se bousculaient dans sa bouche. Ça donnait quelque chose comme:
-Ma...ma...maman, je veux du j...jus!
Moi et Blondinette, on se regardait avec le sourire. C'était seulement sa tête qui réfléchissait plus rapidement que sa bouche. Tant d'énergie dans cette championne du calin.
Celle-ci, c'est une de mes préférées. Remarquez le regard intelligent qu'elle a. Vous êtes vraiment chanceux, c'est peut-être notre seule photo où nous sommes sérieux tous les deux. Aucune grimace, rien.
Puis, les mois ont passé. Blondinette a été la première à s'inquiéter de ces petites difficultés langagières. Moi, je la rassurais du mieux que je pouvais mais elle n'y croyait pas, ça se sentait. Juste une étape dans le développement, sans plus. Un Koala, ça passe tellement de temps collé contre nous que lorsqu'il se décide à descendre de son arbre, il est seulement normal d'hésiter sur certains mots, pas vrai?
Depuis deux semaines, c'est de plus en plus frappant. Je ne vous ferai pas de citations pour vous exposer la situation car ça me fait un peu mal, je dois l'avouer. Disons qu'on parle ici de plusieurs secondes avant que la phrase se mette en marche bien souvent. Des secondes durant lesquelles mon coeur de papa se serre. Des secondes trop longues.
Je sais, ce n'est pas grand chose me direz-vous. Un bon vétérinaire nous donnera très rapidement des exercices qui l'aideront et qui lui permettront de bien contrôler ces "hésitations de la voix". Elle n'est pas atteinte d'une maladie grave comme plusieurs autres enfants qui ont Ste-Justine comme maison, je le sais aussi.
Si j'étais arrivé sur votre blogue ce matin et qu'un tel billet s'y était trouvé, j'aurais hésité entre la tape dans le dos ou les conseils, si j'en avais. Et je me serais dit que vous avez écrit sur le coup de l'émotion, que vous verriez bientôt comment tout paraît plus simple avec du recul. Je sais.
Mais vous êtes-vous déjà coupé avec une feuille de papier? Même si l'on sait que l'on ne sera pas amputé, même si l'on sait que l'on n'est pas en danger de mort, n'empêche que ça fait mal sur le coup... Mais heureusement, ça cicatrise vite...
Celle-là, elle est spéciale pour moi. Je venais de vivre une semaine de fou au travail et j'étais tellement fatigué. Vous voyez son air? On dirait que c'est elle qui s'occupe de moi, qui me soutient, qui m'aide à passer à travers, qui me fait une imitation, semblant me dire que tout n'est pas si mal...
Elle ressemble à tous les autres koalas. C'est un peu ce qu'on veut comme parent, non? On veut nos enfants ressemblant aux autres avec un petit extra, quelque chose que les autres n'auront pas et qui fera la différence contre l'indifférence. Qui leur permettra de se fondre dans la foule mais qui fera en sortes que tous les gens sauront toujours où ils sont.

