vendredi 4 juillet 2008

Que des vérités

· J’ai passé beaucoup de temps à regarder le feu de camp mourir et revivre et mourir encore et revivre. Parfois, il en était à ses derniers soupirs. Je me retournais pour me servir une autre dernière coupe de rouge et voilà qu’il me faisait « coucou » lorsque je retournais m’asseoir. Une résilience dont je peux à peine rêver.

· J’ai regardé les flammes et je vous jure qu’il n’y en avait pas deux pareilles. On aurait dit une fresque se créant puis se détruisant devant moi à tout instant. De l’art instantané, comme je l’aime. Elle est belle mais ne dure qu’un temps, c’est à nous d’être là. De toute façon, pour voir le beau, c’est toujours à nous d’être là.

· J’ai marché les pieds dans le Lac Stukely et m’amusait à regarder deux poissons qui franchissaient la corde délimitant l’espace baignable de la plage. Ils venaient, s’aventuraient vers nous puis retournaient. Puis, ils venaient encore, puis ils repartaient. Dans le fond, cette limite, elle était pour les humains car seuls eux semblent en avoir besoin.

· J’ai aussi construit de magnifiques châteaux de sable avec ma Loutre pendant que mon Koala dormait à l’ombre de sa maman. Dormir à l’ombre de sa maman, n’est-ce pas dans un après-midi le résumé de l’enfance? En fait, pour ceux dont l’enfance a ressemblé à ça. Et ce temps avec ma grande, n’est-ce pas là le résumé de la paternité? En fait, pour ceux qui en ont le goût.

· Lorsque nous remontions vers le terrain, il y avait une énorme côte que nous devions monter avec la poussette. Je me dépêchais afin de me rendre en haut le plus vite possible pour pouvoir m’y reposer. Lorsque c’était Blondinette, elle montait tout doucement et arrivait en haut pas même essouflée où je l’attendais encore. Je n’ai pas encore compris qu’au lieu de l’attendre, j’aurais pu aller vers elle. Mais ça viendra comme tout le reste.


· Il y avait une grand-maman avec sa blonde et son petit-fils. Il s’appelait Raphaël, je crois. Elle est venue faire une courte visite à la plage et les a laissés, prétextant qu’elle allait faire des sandwichs et chercher les jouets de son petit-fils. Vous auriez dû voir la belle-grand-mère, pas belle pour un sous mais magnifique, les genoux pleins de sable en train de faire une baleine avec le petit. Au bout de 90 minutes, il était clair qu’elle s’était fait avoir mais elle s’en foutait. Tellement d’amour à donner. Et une petite frimousse là pour l’avaler à grandes gorgées.

· Il y a encore plusieurs choses que je n’aime pas du camping, mais beaucoup moins qu’avant. Mais pour tous ces petits gestes qu’on peut apercevoir seulement l’esprit reposé en plus de la chasse aux ratons-laveurs, de nos pratiques de soccer, de ces longues rigoles qui vont vers le lac, de ces milles visites aux toilettes avec Koala, de ces réveils tout en douceur et surtout, des larmes de ma plus jeune lorsqu’elle a comprit qu’elle retournait à la maison, il est certain que j’y retournerai bientôt. À chacun son armoire

5 commentaires:

mandoline a dit…

Superbe ce texte, gouter au bonheur l' espace de quelques lignes, c' est magique... Merci j' en avais besoin, tout plein :) xx
Bon retour!

Yano a dit…

Z'avez eu l'air d'apprécier! À quand le "fifth wheel" en arrière de la camionnette? ;)

Zed Blog a dit…

Bravo, bravo, bravo!!!!!!!

Maintenant le sarcasme : je te rappelle que tu as attrapé la tague. Gnark-gnark-gnarkkkkkkkk...

Zed :DDDDD

souimi a dit…

Oh WOW! Je déteste le camping depuis toujours et tu viens de me donner le goût d'en faire.
J'ai vraiment le goût de visiter ton armoire. Vraiment...
Tu sais, ne détruis jamais ces écrits. Tu dois les offrir à tes enfants lorsqu'elles seront assez vieilles pour en comprendre le sens. Que d'amour....

Merci! Te lire est un vrai cadeau du ciel.

:-)

En Saignant a dit…

Mandoline: Merci beaucoup. On ne sait jamais ce qu'on retrouvera sur un blogue, n'est-ce pas? Parfois, des mots semblent y avoir été déposés seulement pour nous. Ça m'arrive souvent...

Yano: Ça me prendrait une camionnette premièrement mais tu sais quoi? Plus le prix de l'essence augmente, plus je crois que je continuerai à me gratter la tête à savoir comment tous les bagages vont rentrer dans la valise.

Zed: Merci. Pour la tag, tu sais très bien que je pratique l'abstinence dans ce domaine. Merci quand même d'avoir pensé à moi! :)

Souimi: Tu sais, le terme de l'armoire, qui fera un bon billet miroir très bientôt j'ai bien l'impression, c'est toi qui me l'a donné. Et oui, je crois bien en garder une copie pour les enfants. Peut-être est-ce possible de faire un "back-up" de notre blogue, je ne sais pas encore...

Merci, venant de toi, quelqu'un que je respecte beaucoup virtuellement, ces paroles sont un cadeau du, euh, du (insérer ici vos croyances préférées).