lundi 21 avril 2008

Un après-midi avec les danseuses

Avez-vous déjà remarqué que l'art nous touche plus facilement lorsque le moral n'y est pas? On dirait qu'on devient hyper-sensibles à tous les chatouillis, en particulier ceux du coeur. C'est ce qui m'est arrivé hier.

Ceux qui viennent souvent me rendre visite savent que la danse est une forme d'art que j'apprécie de plus en plus. Sans comprendre la technique exigeante qui se retrouve derrière chaque mouvement, il y a un petit quelque chose qui me touche profondément dans la façon qu'a le corps de bouger pour exprimer, tout simplement.

Donc, j'avais acheté des billets depuis un certain temps pour le spectacle de dimanche. Nous étions quelques courageux à être venus se perdre dans l'amphithéâtre en cette belle journée ensoleillée. Nos attentes étaient élevées, je le devinais par les murmures provenant de la salle. Un mélange d'excitation et de nervosité devant ce que le public allait voir.

Le premier numéro fut beau, sans plus. Les danseuses avaient de la difficulté à suivre la musique et nous avons tout de suite compris que nous avions affaire à des amateurs. Le bon vouloir des artistes l'emportait cependant sur la technique, déficiente à plusieurs égards. Le public célébra quand même à la fin du numéro.

Pas que les autres performances furent mauvaises mais deux numéros retinrent mon attention malgré tout. C'est qu'il y avait une danseuse qui m'accrochait le regard. J'avais beau tenter de regarder l'ensemble de la chorégraphie, je n'y arrivais tout simplement pas. Même Blondinette, à mes côtés, m'avoua qu'elle aussi, elle se sentait pareille. Imaginez sa beauté et sa grâce...

Elle avait les cheveux blonds et les yeux verts. J'ai eu un coup de foudre. C'était de loin, n'en déplaise aux autres danseuses, la plus jolie d'entre toutes. Elle était un peu timide mais s'assurait que chacun de ses mouvements réflétaient ceux qu'elle avait pratiqués. Son visage était un exemple de concentration et de détermination. Elle semblait y avoir accroché un sourire qui aurait fait fondre le coeur de n'importe quel homme dans la salle.

Non, je ne fus pas surpris de voir Blondinette si peu jalouse de l'attention que je portais à cette danseuse. Sommes-nous libertins? Échangistes? Voyeurs? Nan... C'était simplement à cause du nom de cette danseuse, le plus beau d'entre tous: Loutre.

Le soir, alors que j'allais l'embrasser dans son lit, je lui dis:

-Bonne nuit, ma danseuse préférée. Papa est très fier de toi, tu sais?

Sa réponse? La plus belle d'entre toutes. Celle qui ne se dit pas avec des mots mais avec un sourire où on retrouve toute la satisfaction et la fierté d'une petite fillette de 4 ans qui a compris, l'instant d'un moment, toute l'amour qui lui était réservée dans le coeur de son papa...

3 commentaires:

prof en exil a dit…

je suis sans voix (bin pas vraiment parce que j'ai écrit quelques mots!)
très touchant!
ça donne envie d'aller voir le spectacle ;)

xx

Jhon a dit…

J'ai été bien eu, je pensais que tu parlais de danses faites par des adultes.

En Saignant a dit…

Prof en Exil: Merci. Tu l'aurais trouvée belle toi aussi.

Jhon: Ah! Je t'ai eu, hein?