mardi 13 octobre 2009

Écrire

Aligner les mots, combattre la solitude du coeur esseulé...

J'ai commencé ma thérapie en décembre 2007, en même temps que ce blogue. J'ai terminé ma thérapie il y a environ un mois et depuis ce jour, deux maigres billets sont venus décorer ce site. Je m'en suis rendu compte hier soir, en me demandant pourquoi j'étais si déprimé et pourquoi je n'étais pas capable d'écrire rien qui vaille.

...et y ajouter des virgules, le temps d'autant de soupirs...

Plus le goût de peindre des sentiments que vous imaginez miens alors qu'ils ne sont qu'une faible reproduction de ce que je vois chez vous. Écrire ses émotions plutôt que les vivre puis s'arrêter, brusquement, espérant qu'un miracle saura me rescaper.

...voir les Autres pleurer et deviner le soulagement qui accompagne ces rivières salées...

Je suis froid, je me sens froid. Ou alors tout chaud, brûlant d'une source que je ne peux pas identifier. Je ne me connais pas, ne l'ai jamais fait. Parce que ce que je pourrais découvrir sous mon épaisse carapace pourrait s'avérer laid ou pire, beau.

...m'approprier ces instants en découpant les tremblements, les hocquets et les rendre miens...

Ceux qui m'entourent ne voient rien. En fier caméléon, j'ai appris à leur donner ce qu'ils attendent. À "du pain et des jeux", j'ajouterais "du rire et du divertissement". Pas pour rien que les humoristes québécois soient aussi riches. Pendant qu'on rit, on ne cherche plus. On arrête de respirer, on oublie, on remet à plus tard. Et surtout, on ne creuse pas.

...et craindre le pire: que tout ce que j'ai construit durement disparaisse, comme si ça avait déjà existé ailleurs que dans mon idéal...

Mid-Life Crisis? Crise de la quarantaine précoce? Appitoiement? Placez-y votre tag préféré, j'ai le dos large. Seulement une chose est claire, aussi prétentieuse que limpide:

...écrire, toujours écrire, car c'est à travers les mots, malgré moi, que mon moi se trouve...

9 commentaires:

the other one a dit…

Que ton toi apparaisses à travers tes mots, nul ne peut te juger,
Je t’en pris, si écrire permet a la fleure ou tu te caches de grandir, ainsi sois t-il, laisse le vent te pousser et le Soleil te donner la chance de t’éblouir. Tiens bon

Lionne a dit…

Ouf !

Le professeur masqué a dit…

En saignant: je me thérapise toujours et me reconnait pourtant drôlement dans tes propos.

J'hésite entre une accolade virile, une bière ou une tape sur l'épaule.

Morgane a dit…

Je comprends entièrement. Pour écrire également un blogue personnel, je sais les avantages de l'écriture pour l'introspection, et je reconnais également chez moi les moments où je ne veux plus réfléchir, ces moments, pas nécessairement heureux, où une pause s'impose. Tes écrits sont une faveur que tu nous offres, ils nous aident parfois à vivre, mais c'est accessoire. Qu'ils t'aident à vivre, c'est l'essentiel. Au plaisir,
M

Drew a dit…

Lâches moi donc un coup de fil demain soir tiens ;-)

Ou sinon jeudi soir pour rire de mes couilles heurtées...

Prends soins mec xoxo

Darky! a dit…

... ça fait bizarre de lire mon "presque portrait"! rire pour ne pas creuser, par peur de sa propre découverte.
Avant la thérapie, je dessinais, beaucoup, j'y passais tout mon temps.
Avec la thérapie, j'ai oublié de dessiner en trouvant peu à peu les mots qu'il m'était impossible de prononcer auparavant.
Et c'est encore douloureux de ne pas arriver à dessiner, comme si mon esprit créatif était parti.
Avoir appris à dire les mots a eu un coût.
Est ce vraiment prétentieux d' ... "écrire, toujours écrire, car c'est à travers les mots, malgré moi, que mon moi se trouve..."? sûrement puisque c'est toi.
Et merci pour la beauté de tes mots.

Air fou a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Accepter de se confonter soi-même, avec notre lumière mais surtout nos ténèbres...voilà ou réside le vrai courage. Sauver le monde passe aussi par soi.

AVa

Air fou a dit…

Désolée, En Saignant, je vais récrire mon commentaire effacé autrement. ;-)

Tu as raison de continuer d'écrire. Mettre des mots fait peu partie de l'éducation masculine et pourtant, chaque mot que l'on choisit ou ne choisit pas fait l'objet d'une introspection, puis, d'un partage et ensuite, souvent, d'un lâcher prise.

Bravo de ne pas lâcher ce qui te fait du bien!

Zed ¦)