jeudi 31 décembre 2009

Une décennie en musique

Chez les Saignant, la musique occupe toujours une place importante. Que ce soit Loutre et Koala qui se font aller le popotin ou encore pour les ballades en automobile, alors que toute notre marmaille dort sur les banquettes arrières, nous sommes toujours à créer la trame musicale de notre histoire d'amour.

Voici donc, année après année, dix albums qui ont marqué mes oreilles dans les années 2000 que je vous offre timidement, sachant très bien que les goûts ne sont pas à discuter.



2001: Rêver Mieux de Daniel Bélanger

Bien avant l'arrivée du IPod dans notre famille, ce disque a été usé à la corde. En plus, je me suis toujours promis de l'acheter car il s'agit aussi du seul disque québécois dont j'ai accepté une copie sans l'acheter par la suite.

C'est l'univers Bélanger que j'ai découvert avec ce disque. Les arrangements, l'échantillonnage, la voix juste et surtout, les mots. Une forme de poésie juste assez floue pour créer des univers où il fait bon se réfugier surtout la nuit en compagnie des lignes blanches de la 40.



2004: Amour Oral des Loco Locass

S'il fut un coup de poing dans mes tympans ces dix dernières années, ce fut celui-là! Écouté presqu'en cachette dans l'Ensaignantmobile parce que Blondinette ne trippait pas fort-fort, ils m'ont redonné le goût de me battre et de garder la tête haute face à l'invasion qui menace notre belle langue.

Encore une fois, les mots, choisis, réfléchis, autant pour leur signification que pour leur résonnance leur assurent une place de choix parmi les paroliers de l'histoire musicale québécoise. Mais c'est seulement mon opinion...




2005: Les Matins Habitables de Marie-Jo Therio

Dieu qu'elle m'énervait dans "Chambres en Ville"! Elle jouait un peu trop, tout comme elle interprète un peu trop sur scène. Mais c'est cette même démesure qui me fait l'aimer tant sur disque.

Qu'on aime ou qu'on aime pas son univers, elle sait nous toucher de sa poésie acadienne, mélangeant le français et l'anglais d'une manière envoûtante.

Si comme moi, elle vous donnait de l'urticaire, achetez ce disque et écoutez-le trois fois. Si vous n'aimez toujours pas, je vous rembourse. Enfin, peut-être...



2005: Kanasuta de Richard Desjardins

Écoutez l'extrait et attardez-vous aux mots... Comment chanter une grève, une ligne de piquetage mieux que lui... "...les vrais trésors, sont là s'a picket line...".

J'aime les différents degrés d'écriture de Desjardins. Que ce soit pour nous faire rire, nous faire réfléchir ou nous émouvoir, il ne rate jamais son coup avec moi.

Un artiste comme j'aurais voulu en être un.



2005: Parle-moi de Chloé Ste-Marie

Quelle histoire... La pitoune de Gilles Carle, qui n'était avec lui que pour obtenir des rôles cochons dans des films cochons. C'était clair qu'elle ne l'aimait pas mais se servait de sa notoriété pour percer dans le milieu, non?

Euh, non. Elle a plutôt mis en musique tout ce que le Québec compte de poètes avec ses complices. D'une générosité incroyable autant sur scène que sur disque. Et dans la vie, le combat qu'elle mène pour les "aidants naturels" m'a beaucoup touché.

J'ai été peiné de la mort de Gilles il y a quelques semaines. Pas pour lui. Pour sa Belle, tout simplement.



2007: Effusions de Diane Dufresne

Excusez la qualité de l'extrait présenté mais comme c'est ma chanson préférée sur l'album...

Est-ce que mes mots sont vraiment nécessaires? C'est simplement l'accomplissement de notre plus grande interprète arrivée à maturité.


2007: Fred et Nicolas Pellerin de... Fred et Nicolas Pellerin

Un album à la base réalisée pour leur père, mort pendant le processus, c'est devenu un incontournable de la musique traditionnelle, sans compromis.

Des voix plaintives, des chansons touchantes. Pour découvrir si un "tapeux de pieds" sommeille en vous.



2008: Joli Chaos de Daniel Bélanger

Tant pis pour les puristes, un "Greatest Hits" trouve sa place dans ce très sérieux palmarès.

Juste pour se rendre compte du chemin parcouru par notre plus grand auteur-compositeur-interprète de notre génération.

Mais je laisse les "B-Sides" à Blondinette...




2008: Tous les Sens d'Ariane Moffat

Pour les chansons chantées à tue-tête dans l'automobile par Blondinette et les filles, spécialement "Je Veux Tout", dont le titre sied très bien à deux jeunes fillettes...

Et en prime, un spectacle inoubliable dans une petite salle de Lachine.



2008: Douze Hommes Rapaillés

Là, mon réel coup de coeur. Lorsque Blondinette et les enfants dorment dans l'auto, c'est ce que je mets au radio pour me laisser bercer par les mots, les mélodies. Et surtout, la redécouverte des Lavoie, Flynn, Séguin et autres Plume.

Faites-vous plaisir, offrez-vous ce disque. Tout simplement fantastique.

Vous vous êtes rendus en bas de la liste? Bravo. Je veux bien vous offrir une petite récompense.

Vous êtes abonnés(es) à la Presse? Allez dans la section "Bébés de l'Année" à la lettre D et cherchez le plus grand sourire, tout en haut de la page.

Je vous présente ma vraie découverte de 2009: l'Héritier!

Bon décompte ce soir!

dimanche 13 décembre 2009

Deux ans déjà


Malgré le froid qui sévit sur ce blogue depuis quelques semaines, malgré mes silences qui s'éternisent, deux ans, ça se fête, non?
Merci d'être là, encore. De venir faire des p'tits tours, histoire de voir s'il n'y aurait pas de repousses. J'aimerais vous dire que ça s'en vient mais je n'en ai pas la moindre idée.
Dans cinq jours, je "tombe" en congé parental pour huit semaines, histoire de me refaire une beauté intérieure, ce qui est toujours plus facile près des miens qu'éloigné.
Je vous aime...


mercredi 25 novembre 2009

Lui, sa blonde et ses couilles...

...sont partis vivre un peu. S'éloigner pour mieux se retrouver, un peu. Depuis ce matin, je parcours les commentaires de son dernier post et je suis obligé de mesurer le capital de sympathie dont il bénéficiait. En tout cas, il avait toute la mienne.

Portrait d'un autre grand disparu.

C'est Yano qui nous avait fait connaître à travers "Un Foo la Nuit". Il fallait bien que ce blogue serve à quelque chose, vous savez... À travers nos commentaires, on était allés faire un tour sur le blogue de l'autre, intrigués. Et on s'est rejoints dans une forme de stupidité qui m'a fait dire: "Ostie qu't'es con!" à plusieurs reprises, ce qui constitue la consécration de la reconnaissance dans le monde masculin.

Puis, à la suite d'une invitation que j'avais lancé "at large" sur mon blogue, il est venu assister au spectacle de mes jeunes inspiré de l'opéra en mai dernier. On s'est rencontrés cinq minutes, entre deux allées. Le lendemain, il m'envoyait un e-mail pour me remercier de l'invitation quand pourtant, c'est lui qui s'était déplacé de l'autre bout de la ville pour venir encourager mes élèves défavorisés qui ne l'étaient plus pour deux soirées.

Toujours cette même gentillesse lorsqu'on s'est parlés au téléphone, lorsqu'il m'a écrit pour voir si tout allait bien. Et surtout, cet espoir qu'il y a peut-être quelque chose à aller chercher ici derrière ce monde virtuel. Et Jacynthe avec qui j'ai discuté un bon vingt minutes de tout et de rien au téléphone avant de m'apercevoir que j'étais en train de la charmer et que cela me rendait mal à l'aise face à lui...

J'ai l'impression d'avoir raté quelques occasions avec lui. Un projet de blogue collectif, un camping, un souper, une soirée de poker... En espérant que les astres s'aligneront un jour, histoire de se connaître un peu plus.

Tu vas me manquer, "mec". Et je promets de ne pas te gosser pour un retour... pour l'instant.

Je t'aime.
xx

mardi 24 novembre 2009

Discussion avec la Loutre

Dans l'auto, sur l'autoroute Ville-Marie:

Moi: À quoi as-tu joué à la récréation?

Loutre: Aux voisines avec Marilou et Amanda.

Moi: C'est un nouveau jeu?

Loutre: Oui, on habite dans la même maison et on a le droit de faire ce qu'on veut. Nos parents sont morts.

Moi: ...

dimanche 22 novembre 2009

I'm not here

Ce titre du film biographique de Bob Dylan, que je n'ai jamais vu, m'a toujours intrigué. Trois petits mots qui semblent banals mais qui peuvent prendre tellement de significations. Comme ne pas être présent jusqu'à ne pas s'habiter...

Depuis la naissance de l'Héritier, beaucoup de choses ont changé. Quelques tremblements de terre, certes, mais surtout un état permanent de manque de temps. Et le peu de temps qui reste, on le passe dans le plaisir, réflexe normal. Mais écrire est un plaisir, non?

Oui, mais qui demande, dans mon cas, beaucoup d'introspection et c'est là que se trouve la clé de mon silence. Car en même temps qu'il est né, j'ai arrêté ma thérapie que je suivais depuis quelques années. Ce petit moment privilégié pour sortir mes poubelles hebdomadaires, comme je m'amusais à le nommer, ne servait plus qu'à dire des banalités. Comme si le sas s'était fermé, ne laissant plus écouler qu'un mince filet.

Et l'écriture a suivi. Out, la révision de mon roman. Out, la tenue de mon blogue. Comme si tout cela n'avait plus d'importance tout à coup. Comme si je voulais me punir. Pourtant.

Pourtant j'aime encore m'amuser avec les idées, aligner quelques mots et voir jusqu'où ils vont me mener et surtout, voir si vous allez me suivre jusque , ou ...

Dans le fond, je me sens comme quelqu'un qui aime s'entraîner et surtout, les bienfaits que cela lui apporte mais qui ne trouve plus le temps dans son horaire pour s'adonner à son activité préférée.

Alors, quoi de mieux que de se lancer?

***
DIX QUESTIONS, AUCUNE RÉPONSE
1. Pourquoi, t'es dans la lune?
2. Pourquoi, t'as salé ton café?
3. Pour qui, tu te parfumes?
4. C'est ce qu'on appelle partir fort, non?
5. Êtes-vous allés lui rendre visite?
6. Serez-vous surpris d'apprendre qu'elle fait maintenant partie de ma "run de lait"?
7. Pourquoi suis-je sûr que lui, il ne manquera jamais d'idées?
8. Et que je trouve inquiétant le fait que je me sois, malgré moi, attaché à ses couilles?
9. Parlant de "malgré", saviez-vous qu'il fait parti de ma "run de laids"?
10. Et puis, le Yano et le Drew, trop pissous pour une petite partie de poker?
***
UNE HISTOIRE DONT PROF MALGRÉ TOUT, PROF MASQUÉ ET ENSAIGNANT SONT LES HÉROS
Je dors, caché quelque part entre le sommeil et l'éveil mais je dors. Mon rêve n'est pas précis, qu'une odeur. Une odeur de... whisky!
-Allez, réveille-toi, bordel!
Cette voix, cette intonation, ce nez qui me chatouille l'oreille gauche...
-Allez, bordel, assez paressé! Il y a des gens qui comptent sur toi! Au clavier!
-Aux claviers, lui réponds-je d'une voix endormie, mais c'est ton job, ça!
Une main aggrippe mon épaule durement. Je tombe du lit. Il est maintenant par-dessus moi.
-Ah, tu te penses comique, hein? Idiot, bordel, qu'un idiot!
Je tourne ma tête vers la droite pour éviter de me faire percer un oeil par ce nez et j'aperçois Prof Masqué, sa cape et son masque assis devant l'ordi de ma chambre, les mains armées sur les touches.
-Hey, Ensaignant, dis-moi la première chose qui te vient en tête.
J'hésite, ce qui n'est jamais bon pour la première chose qui nous vient en tête.
-Euh... haleine d'alcool?
Les mains de PM se font aller à un rythme effarant sur les touches, produisant un son qui semble continue plutôt qu'une série de TAC-TAC-TAC. Pendant ce temps, PMT s'enlève de sur mon thorax qui respire enfin.
-Voilà, ton premier billet depuis longtemps, trop longtemps. Tu n'auras qu'à faire du copier-coller.
Sa vitesse m'épatera toujours.
-Tu es un écrivain précoce, PM! lance PMT. Où as-tu caché ton alcool, l'Ensaignant? Bordel!
Une autre main vient me flatter les cheveux, doucement. Je reconnais Blondinette et ses caresses.
-Réveille-toi, Ensaignant. Tu dois aller travailler.
Je regarde autour de moi, il n'y a que moi et elle dans la chambre. Étrange.
***
CITATION DU JOUR
"Se masturber, c'est faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime" -Woody Allen
***
LÉGÈRETÉS
Qu'un morceau de peau, tout petit, immense est visible. Alors que tu dors près de moi, me trompant avec les anges, je pense à tes hanches qui m'agacent. Un échantillon de rêve te secoue et tu soupires. Je me colle plus près de toi, bassin contre bassin, désir contre soupirs.
Je t'effleure du bout de mes doigts, toi, mon objet de désir depuis notre commencement déjà lointain. Un frisson te traverse. À quoi rêves-tu, mon amour?
Mes lèvres te chatouillent lentement la nuque, éloignant de quelques souffles saccadés tes minces cheveux qui se essaient de se mettre entre nous. Ils échoueront là où tous les autres ont échoué, tout simplement.
J'entre ma main dans ton pyjama, cherchant l'endroit précis où tes fesses se terminent et où tes jambes commencent. Ta main me guide vers ton sexe mais je reste précis dans mes gestes. Le désir se consomme à sa vitesse, sans rien brusquer.
Ton bassin fait des aller-retours entre le néant et mon entrejambe. Tu t'approches, tu t'éloignes, l'histoire de notre relation dans un geste. Et je te veux plus que tout.
Ce n'est que plusieurs minutes après, ton visage où perle la sueur collé contre le mien, tes seins appuyés sur moi, que tu me chuchottes:
-Je te veux encore auprès de moi.
***
LES TOPS
TOP 5 DES PIRES NOMS QUE MON BLOGUE AURAIT PU AVOIR:
  1. blogspot.blogspot.com
  2. motsdélaive.blogspot.com
  3. lesseinssaints.blogspot.com
  4. engelantsurlebalcon.blogspot.com
  5. lemondeensaignantdunez.blogspot.com

TOP 5 DES RAISONS VÉRIDIQUES POUR LESQUELLES JE NE SUIS PLUS "IN"

  1. Je ne texte pas.
  2. J'ai appris plus de six mois après sa sortie l'existence de "Poker Face".
  3. J'haïs le Technotronix.
  4. Je ne me rase pas le chest.
  5. Je n'ai pas acheté "Les chroniques d'une mère indigne".

***

Ah, ça fait du bien...

dimanche 15 novembre 2009

Les projets sont les remèdes à tout

Tout va beaucoup mieux, malgré les corrections de fin d'étape qui m'ont donné un portrait assez frappant des faiblesses de mon groupe. Parfois à se demander ce que j'ai fait durant les trois premiers mois.

En faits, je les ai apprivoisés, tout simplement. J'ai combattu leur désintéressement en leur proposant des occasions de faire valoir leurs passions, surtout celles qu'ils ignoraient.

Comment?

  • Une ligue de flag-football avec finale devant public au son d'une musique rock et remises de prix.
  • Une mini-pièce de théâtre d'Halloween présentée 11 fois devant les autres groupes de l'école.
  • Un mini-album de reprises de chansons de Daniel Bélanger dont on a étudié les textes à chaque semaine, sous la supervision de PMT et sa générosité.
  • Notre grand projet annuel, inspiré de "La Flûte Enchantée" de Mozart.

Et ils se sont rapprochés de moi, lentement. Et je les trouve de plus en plus beaux, doucement.

Et lorsque finalement, je leur ai annoncé leurs résultats à la fin de la semaine dernière, ils m'ont cru lorsque je leur ai annoncé qu'on allait remonté cela, ensemble.

La confiance s'installe et le sourire revient. Et surtout, surtout, ils sont prêts à travailler pour y arriver.

Une autre petite bataille de gagnée.

lundi 9 novembre 2009

Soirée d'automne

Je vous écris de mon balcon. On jurerait une soirée d'août alors que la trotteuse est déjà en novembre. Une cigarette au bec, les pieds froids mais non gelés, je laisse mes doigts s'éparpiller.

Je pense à mes élèves, même si je ne suis pas encore leur maître. Je les retrouve demain après un congé nécessaire. Seront-ils aussi beaux que lorsque mon regard s'est penché sur cette rangée de siège qui n'en finissait plus, à l'opéra? Certains dormaient, d'autres laissaient leurs têtes errer et enfin, les derniers étaient assis sur le bout de leur siège, l'oreille fidèle. Le même intérêt qu'en classe. Cette même curiosité qui rend les gens intéressants.

Je pense à mes filles et à mon garçon. Savent-ils que la vie est parfois un combat? Qu'il faut apprendre à rouler avec les coups, à laisser passer les nuages? Et que juste au moment où on croyait le temps arrêté, immobile, une douce musique le fait renaître? Et on avance, à petits pas, mais on avance...

Je pense à vous. À vos mots qui visent le coeur en faisant bien attention de l'effleurer, doucement. J'ai souvent l'impression de recevoir beaucoup plus que je donne ici.

Merci. Vraiment.