mardi 9 mars 2010

Une journée dans la vie d'Ensaignant: 8h19

Ils viennent de se taire, cinq minutes après être entrés dans mon local. Ils attendent que je commence ma journée et sont intrigués de me voir taper les touches de mon ordi sans les regarder. Si je les regarde, ils s'attendront à des mots et je n'en ai pas encore envie.

Ils sont deux à m'en vouloir en ce moment. Ma congolaise, une grande noire qui était absente hier à cause de fatigue, sûrement pour se remettre de sa semaine de relâche, mais qui est arrivée la tête toute tressée. À défaut de stress... Tout allait bien avec elle jusqu'à mon retour de mon congé de paternité. Maintenant, ses yeux sont noirs lorsqu'elle me regarde et son sourire est resté en vacances.

Puis, il y a Pinochio, un rouquin qui prend un vilain plaisir à répliquer d'un soupir à toutes mes interventions. Je l'ai averti hier que ces fausses impressions de ne pas être dérangé par quoi que ce soit me donnaient envie de sévir plus fort mais il est trop fier pour me donner la satisfaction d'avoir compris.

On se reparle tantôt, je dois commencer...

lundi 22 février 2010

Frustrations olympiques

Il m'arrive souvent de rager un peu intérieurement, tsé, de façon "politically correct", pour ne pas offenser personne, quand...

  • J'entends notre Alexandre dire pour la cinquantième fois de la journée, à la trois centième entrevue, qu'il "ne réalise pas ce qui lui arrive".
  • J'entends à la radio le débat Brodeur ou Luongo remplacer pour deux semaines le non moins captivant débat Price ou Halak. Et après, on se demandera pourquoi on n'a pas encore de pays.
  • Je suis mis au courant des commentaires stupides de Mailhot et Goldberg au sujet des costumes des patineurs. Et si on parlait de coupes de cheveux, mon Claude? Ou de langue qui gâche la diction, mon Alain?
  • J'entends les ti-mononcles de la radio se dire déçus par le peu de médailles remportées par le Canada jusqu'à maintenant. Vous irez dire ça aux athlètes qui font tous les sacrifices depuis souvent plus de dix ans entre deux visites chez Paul Patates.
  • J'entends les mêmes ti-mononcles dire que les hockeyeurs sont très courtois envers les autres athlètes, comme si c'était une nouvelle et non pas la normalité.
  • J'entends dire que le lugeur est mort à cause d'un erreur de pilotage. Méchant prix à payer pour un erreur.
  • J'entends dire que le skicross et le snowboardcross sont des sports dans lesquels nos adolescents mâles performent admirablement bien. O.K., celle-là, elle est de moi...
  • J'entends les "spécialisses" dire que Joannie devra restée focusée sur sa routine demain soir. Ça se passe de commentaires.
  • Surtout, quand je m'apperçois que bien involontairement, mon coeur se met à OFF quand c'est un canadien et non un québécois qui remporte une médaille.

Et vous, vos frustrations olympiques, comment se portent-elles?

dimanche 14 février 2010

C'est l'histoire d'un gars...

...qui doit retourner au travail après un congé parental de huit semaines rempli de calins et d'amour. Ne cherchez pas la joke, y'en a pas. Crissement pas.

mercredi 10 février 2010

Top 5 pourquoi je n'aurais pas voulu naître une carotte

  1. Pour ne pas me retrouver seul avec mes compatriotes dans l'assiette de trempette à nous demander pourquoi nous n'avons pas été mangés encore une fois.
  2. Pour ne pas me faire niaiser par un panais à cause de ma couleur.
  3. Parce que se faire tirer par la queue, couper en petits morceaux, cuire et finalement, dévorer n'est pas une séquence menant à une mort certaine que j'affectionne particulièrement.
  4. Parce que j'aurais sûrement préféré être un céleri, comme je ne suis jamais content de mon sort.
  5. Parce que les vers de terre sont visqueux, pas très sexy et manquent franchement de conversation.

dimanche 7 février 2010

Mr.Happy et le boeuf bourguignon

Cet après-midi, c'était le concert de violon de ma Loutre. Le Redpath Hall, une salle de spectacle magnifique, ressemblant à une ancienne chapelle aux murs tapissés de quelques dizaines photos des recteurs de McGill. Mauvaise prise de vue mais ça ressemblait à ça:

Et là, le grand manitou de la méthode Suzuki en violon, qui ressemble étrangement à un gros nounours et qui possède cette façon de s'exprimer en n'abaissant jamais sa voix à la fin des phrases, appelle les débutants accompagnés de leurs parents.


Ils poussent leurs petites jambes, gravissant les marches de l'escalier une à une, fièrement armés de leurs minuscules violons. Tous vêtus en noir et blanc pour l'occasion, chics et mignons comme ce n'est pas permis. Leurs parents tous élégants itou... tous? Nan!



BECAUSE... HERE'S IS... MR. HAPPY!!!






Dans cette mer de mères fières, il fait l'effet d'un jellyfish. La chevelure noire, de grands pectoraux donnant du relief au bonhomme sourire, la quarantaine avancée, il se tient derrière son fils. J'essaie de me concentrer sur les jeunes car je sais pour avoir vu ma Loutre y trébucher plus d'une fois toute la difficulté que représentent les premiers pas au violon. Mais je ne peux m'empêcher de regarder ce grand gaillard et hésite entre envier son courage de porter un tel t-shirt dans un environnement aussi conservateur ou reconnaître la stupidité de son geste qui enlève l'attention d'où elle devrait se retrouver, sur les enfants.



O.K., j'fake... ostie de moron!



Et quand je pense à tous ces parents qui sont assez stupides pour penser que leurs enfants sont les meilleurs juste parce qu'ils montent sur une scène pour y jouer quelques notes...



Il faudrait peut-être leur dire que c'était ma Loutre qui jouait le mieux!



***



Dans une autre vie, la soirée du Superbowl était pour moi synonyme de bière et pizza ou encore, lorsque nous nous sentions mûrs pour du changement, bière, chips et pizza. C'était à l'époque où les publicités étaient encore celles des réseaux américains.



Puis, les enfants ont commencé à pousser dans notre maison. Au début, la bière était toujours au rendez-vous, accompagnée de pizza livrée ou pizza faite maison par une Blondinette qui avait pitié de son chum je crois bien. Puis, la bière s'est en allée par nécessité mais la pizza est restée, parfois accompagnée d'un verre de rouge ou d'un 7up, selon mon niveau d'embourgeoisement du moment.



Cette année, surprise dans mon assiette:

C'était un geste généreux de ma belle-mère, descendue de Joliette pour l'occasion et désirant nous enlever le poids du souper. Mais... mais...

Alors que je vous parle et que les Colts mènent 17-16 au troisième quart, il me manque l'arrière goût de pepperoni dans la bouche et mon bedon se sent un peu trop bien, comme s'il n'avait pas trop ingurgité de junk.

Il y a vraiment toutes sortes de deuils à faire dans la vie...

***

Cette pause a fait du bien mais vous me manquiez, mes p'tits maudits!

jeudi 31 décembre 2009

Une décennie en musique

Chez les Saignant, la musique occupe toujours une place importante. Que ce soit Loutre et Koala qui se font aller le popotin ou encore pour les ballades en automobile, alors que toute notre marmaille dort sur les banquettes arrières, nous sommes toujours à créer la trame musicale de notre histoire d'amour.

Voici donc, année après année, dix albums qui ont marqué mes oreilles dans les années 2000 que je vous offre timidement, sachant très bien que les goûts ne sont pas à discuter.



2001: Rêver Mieux de Daniel Bélanger

Bien avant l'arrivée du IPod dans notre famille, ce disque a été usé à la corde. En plus, je me suis toujours promis de l'acheter car il s'agit aussi du seul disque québécois dont j'ai accepté une copie sans l'acheter par la suite.

C'est l'univers Bélanger que j'ai découvert avec ce disque. Les arrangements, l'échantillonnage, la voix juste et surtout, les mots. Une forme de poésie juste assez floue pour créer des univers où il fait bon se réfugier surtout la nuit en compagnie des lignes blanches de la 40.



2004: Amour Oral des Loco Locass

S'il fut un coup de poing dans mes tympans ces dix dernières années, ce fut celui-là! Écouté presqu'en cachette dans l'Ensaignantmobile parce que Blondinette ne trippait pas fort-fort, ils m'ont redonné le goût de me battre et de garder la tête haute face à l'invasion qui menace notre belle langue.

Encore une fois, les mots, choisis, réfléchis, autant pour leur signification que pour leur résonnance leur assurent une place de choix parmi les paroliers de l'histoire musicale québécoise. Mais c'est seulement mon opinion...




2005: Les Matins Habitables de Marie-Jo Therio

Dieu qu'elle m'énervait dans "Chambres en Ville"! Elle jouait un peu trop, tout comme elle interprète un peu trop sur scène. Mais c'est cette même démesure qui me fait l'aimer tant sur disque.

Qu'on aime ou qu'on aime pas son univers, elle sait nous toucher de sa poésie acadienne, mélangeant le français et l'anglais d'une manière envoûtante.

Si comme moi, elle vous donnait de l'urticaire, achetez ce disque et écoutez-le trois fois. Si vous n'aimez toujours pas, je vous rembourse. Enfin, peut-être...



2005: Kanasuta de Richard Desjardins

Écoutez l'extrait et attardez-vous aux mots... Comment chanter une grève, une ligne de piquetage mieux que lui... "...les vrais trésors, sont là s'a picket line...".

J'aime les différents degrés d'écriture de Desjardins. Que ce soit pour nous faire rire, nous faire réfléchir ou nous émouvoir, il ne rate jamais son coup avec moi.

Un artiste comme j'aurais voulu en être un.



2005: Parle-moi de Chloé Ste-Marie

Quelle histoire... La pitoune de Gilles Carle, qui n'était avec lui que pour obtenir des rôles cochons dans des films cochons. C'était clair qu'elle ne l'aimait pas mais se servait de sa notoriété pour percer dans le milieu, non?

Euh, non. Elle a plutôt mis en musique tout ce que le Québec compte de poètes avec ses complices. D'une générosité incroyable autant sur scène que sur disque. Et dans la vie, le combat qu'elle mène pour les "aidants naturels" m'a beaucoup touché.

J'ai été peiné de la mort de Gilles il y a quelques semaines. Pas pour lui. Pour sa Belle, tout simplement.



2007: Effusions de Diane Dufresne

Excusez la qualité de l'extrait présenté mais comme c'est ma chanson préférée sur l'album...

Est-ce que mes mots sont vraiment nécessaires? C'est simplement l'accomplissement de notre plus grande interprète arrivée à maturité.


2007: Fred et Nicolas Pellerin de... Fred et Nicolas Pellerin

Un album à la base réalisée pour leur père, mort pendant le processus, c'est devenu un incontournable de la musique traditionnelle, sans compromis.

Des voix plaintives, des chansons touchantes. Pour découvrir si un "tapeux de pieds" sommeille en vous.



2008: Joli Chaos de Daniel Bélanger

Tant pis pour les puristes, un "Greatest Hits" trouve sa place dans ce très sérieux palmarès.

Juste pour se rendre compte du chemin parcouru par notre plus grand auteur-compositeur-interprète de notre génération.

Mais je laisse les "B-Sides" à Blondinette...




2008: Tous les Sens d'Ariane Moffat

Pour les chansons chantées à tue-tête dans l'automobile par Blondinette et les filles, spécialement "Je Veux Tout", dont le titre sied très bien à deux jeunes fillettes...

Et en prime, un spectacle inoubliable dans une petite salle de Lachine.



2008: Douze Hommes Rapaillés

Là, mon réel coup de coeur. Lorsque Blondinette et les enfants dorment dans l'auto, c'est ce que je mets au radio pour me laisser bercer par les mots, les mélodies. Et surtout, la redécouverte des Lavoie, Flynn, Séguin et autres Plume.

Faites-vous plaisir, offrez-vous ce disque. Tout simplement fantastique.

Vous vous êtes rendus en bas de la liste? Bravo. Je veux bien vous offrir une petite récompense.

Vous êtes abonnés(es) à la Presse? Allez dans la section "Bébés de l'Année" à la lettre D et cherchez le plus grand sourire, tout en haut de la page.

Je vous présente ma vraie découverte de 2009: l'Héritier!

Bon décompte ce soir!

dimanche 13 décembre 2009

Deux ans déjà


Malgré le froid qui sévit sur ce blogue depuis quelques semaines, malgré mes silences qui s'éternisent, deux ans, ça se fête, non?
Merci d'être là, encore. De venir faire des p'tits tours, histoire de voir s'il n'y aurait pas de repousses. J'aimerais vous dire que ça s'en vient mais je n'en ai pas la moindre idée.
Dans cinq jours, je "tombe" en congé parental pour huit semaines, histoire de me refaire une beauté intérieure, ce qui est toujours plus facile près des miens qu'éloigné.
Je vous aime...