lundi 10 mars 2008
Un En Saignant à la maternelle (4e station)
Ce n'est pas de ma faute. C'est la faute de l'U.Q.A.M. Obliger les futurs enseignants à aller faire un tour dans la jungle préscolaire pour plus d'un mois, ça pouvait sembler une bonne idée pour la plupart mais pas pour le principal intéressé. Vraiment pas. Résumé d'un chemin de croix.
Quatrième station: En Saignant rencontre sa Très Sainte Mère
Donc, après quelques jours de stage, voici l'étendu des dégats: des odeurs suspectes, des postillons dans les cheveux d'une élève, une gomme avalée de travers, des liquides corporels plein le corps, une morsure sur le bedon et des blessures corporelles légères causées à quelques enfants. J'étais un peu découragé par la direction que prenait ce stage et demandai à mon maître-associé si je pouvais aller aux toilettes.
-Pas besoin de me le demander, tu es grand, tu peux y aller tout seul. À moins que tu aies besoin de quelqu'un...
Peanut, assise sur ses genoux, fut prise d'un fou rire que j'entendais encore lorsque je quittai la classe.
Je marchai dans les corridors déserts de l'école. La seule présence qui m'accompagnait était l'écho de mes pas. Les murs "jaunes rhume" contrastaient de façon quelconque avec les tuiles vertes forêts du plancher. Heureusement que les moulures noires en ciment venaient embellir le tout.
Je pris le premier corridor à gauche, le deuxième à droite et m'aventurai vers une section de l'école que je n'avais jamais visité encore. Les fenêtres dans les portes des classes me montraient des élèves assis derrière leurs bureaux, écoutant les enseignants. Mes yeux se remplirent de larmes. C'était ÇA, l'enseignement. Pas des minuscules-culs qui sautent sur nous à la moindre occasion.
Je continuai mon chemin quand j'entendis "PSSSTTTTT", venant d'une classe située au bout du corridor. Je m'approchai d'un pas discret. C'est alors que je vis une tête sortir d'un casier. Une tête énorme avec des lunettes tellement épaisses qu'un alcoolique y aurait vidé son cognac.-Viens voir, j'ai quelque chose à te montrer! C'est par ici!
Je suivis cette femme qui aurait pu avoir quarante comme cinquante-cinq ans, allez savoir. Il y a de ces gens qui n'ont pas d'âge.
J'entrai dans une classe peinte en vert et jaune fluo. Elle était habitée par une faune comme je n'en avais jamais vu. Des adultes qui semblaient tout ce qu'il y a de plus normal mais qui faisaient des choses complètement bizarres.
Deux jouaient au Monopoly sans dés ni cartes, se contentant de déplacer leurs doigts sur le plateau. Un autre qui, à l'aide d'un tournevis, s'amusait à faire le tour des chaises et des bureaux de la classe afin d'en vérifier la solidité. Enfin, une autre enfilait des chandails les uns par-dessus les autres. Elle en avait maintenant six, suait à grosses gouttes et se préparait à en enfiler un septième.
-Qui sont-ils? demandai-je.
-Et toi, qui es-tu? me demanda t'elle.
-En Saignant, stagiaire dans la classe de maternelle.
-Tu crois? me demanda t'elle.
-...
Je la regardai. Elle me regarda, les yeux hagards à travers ses lunettes. Elle avait cet air qui me faisait douter de son étât de conscience. Je sortis du local rapidement, sans regarder en arrière, me promettant d'y revenir en inventant une autre raison pour quitter la classe.
Alors que je parcourais le corridor en sens inverse, j'entendis une case s'ouvrir. Je regardai et vit disparaître le personnage dedans, la porte se refermant derrière elle.
Je passai par les toilettes pour prendre un bout de papier brun que je mouillai et dissimula dans ma main, sous mon chandail dont je laissai pendre la manche et rentrai en classe.
L'enseignante était assise par terre, entourée des élèves qui chantaient une chanson. Peanut était seule dans le coin des poupées. Je m'approchai d'elle discrètement, sans qu'elle me voit. Je sortit le papier et lui essuya la bouche avec, sans qu'elle eut le temps de réagir. Le fromage à la crème qu'elle gardait depuis le matin disparut aussitôt. Elle me jeta un regard qui aurait fait trembler de peur le plus dur des directeurs d'école. Je me retournai, ravi et alla rejoindre le groupe.
Alors que nous commençions le troisième couplet de "Trois Petits Chats", au deuxième "Paillasson-son-son", pour être plus précis, une petite main me tapocha sur l'épaule. Je me retournai et vit Peanut avec une nouvelle couche de confiture au-dessus des lèvres, un sourire victorieux à la bouche. Sourire qui disparut lorsque Potelé lui saute dessus pour lui lécher le visage.
Je ne comprenais plus rien...
Bientôt, la cinquième station: En Saignant se fait aider à porter sa croix.
dimanche 9 mars 2008
Un En Saignant à la maternelle (3e station)
Ce n'est pas de ma faute. C'est la faute de l'U.Q.A.M. Obliger les futurs enseignants à aller faire un tour dans la jungle préscolaire pour plus d'un mois, ça pouvait sembler une bonne idée pour la plupart mais pas pour le principal intéressé. Vraiment pas. Résumé d'un chemin de croix.
Troisième station: En Saignant tombe sous le poids de sa croix
Maintenant, c'était pour de vrai. Plus question de reculer. Ma maître-associée héritait maintenant d'un nouvel élève à temps plein. Finies, les petites saucette par ici et par là. Ma torture devenait maintenant permanente. Ça fait mal? Attendons demain, et l'autre demain...
Dans notre dernière rencontre pré-stage, notre superviseur nous avait demandé à tour de rôle comment s'était déroulé la première journée. Mon tour arriva bien assez rapidement.
-Disons que ça a été tout un choc! lui répondis-je.
-Quelle sorte de choc? avait demandé l'homme devant qui je m'éfondrerais quelques semaines plus tard.
-Un choc comme celui qu'on reçoit assis sur une chaise électrique, je crois bien!
Tout les filles avaient ri, comme il m'arrivait de réussir à l'occasion. Pas lui. Il m'avait regardé et j'ai pu lire dans ses yeux que je commençais avec un B en partant et que ça ne pouvait que descendre.
Donc, assis avec mon manteau de minuscules-culs sur moi dans le cercle des sentiments, je faisais face à l'enseignante qui expliquait dans les plus minuscules détails les ateliers de la journée à SON groupe. Je réfléchissais à mon attitude envers eux et à la façon de me faire accepter dans le groupe sans devenir l'ami. De toute façon, ils me semblaient bien matures pour moi. Lorsque l'enseignante dit:
-Quelle serait la meilleure façon de souhaiter la bienvenue à notre nouvel ami? Quelqu'un a une idée?
Peanut leva la main tout en se léchant la lèvre supérieure remplie de confiture. En la regardant, je savais qu'elle savait que je savais. J'avais compris son petit manège et ses yeux devinrent inquiets.
-Oui, Peanut.
-Lui mettre une robe et du rouge à lèvre? dit-elle.
-Mmmmmhhh, je ne crois pas que ce soit une bonne idée ma chérie. Les hommes ne portent pas de robes, répondit le professeur.
-Mais, Madame, vous savez....
-Oui, je sais mais ce n'est pas le moment d'en parler, ok? la coupa t'elle.
Quoi? À qui fait-on des cachoteries? À moi? Combien de temps pour être dans la gang?
-Quelqu'un d'autre a une idée?
Potelé leva la main, découvrant son nombril au passage.
-Oui, Potelé?
-On pourrait faire un sandwich.
Bonne idée, j'avais faim. Je n'avais pas pu avaler une bouchée ce matin car j'étais trop nerveux. Oui, un bon sandwich aux viandes froides garnie de laitue et de tomates.
-Oui, pourquoi pas? répondit l'enseignante. Vous êtes prêts?
Ils s'accoupirent tous, me fixant de leurs yeux minuscules, comme des chats qui ont aperçu un gros oiseau. Les secondes qui suivirent me parurent tellement longues...
-Allez-y, sandwich! s'écria l'enseignante.
La meute de minuscules-culs, certains sentant bon et d'autres moins bon me sautèrent dessus. Tous les liquides corporels semblèrent m'atterir dessus en même temps. Mais bon, ce n'était pas si désagréable que ça, non? Une façon comme une autre de briser la glace. Pour les faire rire, je me relevai après de multiples efforts, en échappant deux ou trois au passage, dont Potelé qui n'avait pas la force requise dans ses bras pour supporter le poids de son bedon.
Je me mis à marcher, sans rien voir dans la classe, mais entendant clairement le rire de l'enseignante. J'étais en train de me dire que tout irait bien quand soudainement, je sentis quelque chose sur mon bedon. Comme une piqûre au début, mais allant en s'accentuant. La douleur devint en trois secondes insupportables. Mon corps se pencha par en avant d'un coup sec, envoyant quelques bambins voler dans la pièce. Le son que faisaient les petits corps qui tombaient au sol me laissaient présager le pire mais je m'en foutais. Je voulais seulement arrêter de souffrir.
Pendant que l'enseignante était occupée à ramasser et à consoler les victimes de l'effroyable stagiaire des neiges, je levai mon chandail et apperçut une trace de morsure sur ma bédaine, juste à droite du nombril. Je saignais presque. Lorsque je rabaissai mon chandail, je vis qu'il était souillé de... confiture!
Je jetai aussitôt un regard vers Peanut, qui me dévisageait un sourire aux lèvres, en se léchant les babines. Je m'approchai d'elle et lui murmurai, à travers les pleurs des autres enfants:
-Je t'aurai, je connais ton secret, et tu ne m'intimideras pas.
Elle me fixa, sans arrêter de sourire et me dit:
-Bienvenue en enfer.
Bientôt, la quatrième station: En Saignant rencontre sa Très Sainte Mère.
samedi 8 mars 2008
Un En Saignant à la maternelle (2e station)
Ce n'est pas de ma faute. C'est la faute de l'U.Q.A.M. Obliger les futurs enseignants à aller faire un tour dans la jungle préscolaire pour plus d'un mois, ça pouvait sembler une bonne idée pour la plupart mais pas pour le principal intéressé. Vraiment pas. Résumé d'un chemin de croix.
Deuxième station: En Saignant est chargé de sa croix
C'était le matin de la première rencontre. Le contact devait se faire vers les 8h00 du matin mais il y avait un grave problème. En fait, tout mon corps avait un grave problème. Il y avait eu un party la veille. Que dis-je, un party? Le party d'entre tous les partys. Et j'avais fait ma part pour l'animer, croyez-moi.
Le cadran sonne vers les 6h00 du matin, je suis couché dans mon lit, n'osant pas faire un geste. Mes yeux sont collés et je sens que ça ne va pas. Pas assez de sommeil, pas assez de temps passé entre la dernière consommation et le réveil. Je n'ai pas le choix, je me lève. Je pars aussi vite en diagonale, d'un pas chancelant et m'écrase dans le fauteuil de mon un et demi. Des sueurs apparaissent sur mon front. Je dois emprunter le Pont Jacques-Cartier. La diagonale m'ammène droit vers les montagnes russes de la Ronde. Je trouve l'idée drôle.
Je prends une douche, déjeune mais évite à tout prix la cigarette. Habituellement, je fume à jeûn mais là, je n'ose pas. Je laisse encore passer du temps. Je me rince la bouche au moins dix fois avec du Scope et celà semble donner un effet.
J'embarque dans la Saignantmobile et commence mon périple. Mon corps me suit environ un coin de rue en retard, ma tête est encore dans mon lit.
-Ce n'est pas grave, ils sont jeunes. Ils ne s'apercevront de rien. Pour l'odeur, ils croiront que c'est le voisin qui a pété et ils pèteront à leur tour. Ils trouveront celà drôle. Pour la marche en diagonale, ils croiront que je suis un clown et les minuscules-culs, ils adorent les clowns. Succès assuré!, me disais-je.
Sans trop réfléchir, je m'allume une cigarette et la tête se met à me tourner dans tous les sens. Je la jette aussitôt par la fenêtre et me met à regretter amèrement la soirée au bar. Pourquoi étais-je le seul à rencontrer son groupe le lendemain?
En garant ma voiture, à l'heure, je me rends compte que l'odeur remonte des profondeurs. Le Scope a des limites, surtout face à de multiples shooters dans l'estomac. Heureusement, j'ai de la gomme et en prend une.
Ma maître-associée m'accueille, je lui dis bonjour sans la regarder, tentant de lancer mon haleine vers la porte des toilettes située juste à côté. Elle m'invite à venir chercher les enfants avec elle par la porte de côté. Je la suis, ce ne peut pas être si pire que ça après tout. N'existe t'il pas une bonne poignée d'hommes enseignants en maternelle parmi les milliers de profs de la province?
Le troupeau entre, suivant le berger. Des pupilles tournées vers moi, des sourires qui s'accrochent aux lèvres. Ça va bien aller, je crois bien.
L'enseignante m'invite à m'asseoir en cercle avec les "namis". Les "namis"? C'est bizarre, dans l'univers où j'habite, mes "namis", ils ont 30 ou 40 ans. Anyway... Je m'asseois donc en cercle et aussitôt, j'ai une fillette qui vient s'asseoir entre mes jambes croisées, un garçon qui prend mon bras gauche et un autre qui renifle qui m'attrape le bras droit. N'en manque qu'un dans mon dos et... ah, le voilà! Y'a t'il déjà quelqu'un qui a mis les mots pudeur et petite-enfance dans la même phrase?
-Tu vois, ils t'aiment déjà! me lance t'elle.
-Oui, je vois, ne sachant plus par où respirer.
-Enseignan-an-an-te! dit une petite fille avec une lèvre supérieure peinturée de beurre d'arachide du matin.
-Oui, Peanut.
-Le monsieur, il a un shwing.
-Un quoi? dis-je, en regardant vers mon pantalon, un peu inquiet. Je remarque aussitôt que tout a l'air tranquille par là.
-Un quoi? répète l'enseignante.
-Un shwing-homme.
-Un quoi? dis-je.
-Un quoi? répète l'enseignante.
On aurait dit une famille de corneilles. Et après, nous dirons que ce sont les enfants qui sont les rapaces.
-Un che-wing-gum! épelle la petite.
-En Saignant, as-tu une gomme à mâcher? me demande ma maître-associée.
-Non, elle a dû mal voir, tu sais, les enfants et leur imagination... lui répondis-je.
Peanut prend une lèche sur ses lèvres (elle l'a fait exprès ce matin, j'en suis certain, pour pouvoir manger toute la journée!), me regarde les sourcils froncés et semble accepter la situation.
Je ne fais ni un, ni deux, j'avale ma gomme du mieux que je peux, mais elle ne passe tout simplement pas. Elle reste bloquée dans ma gorge. Je commence à tousser et tousser à propulser mes poumons à vingt mètres, éclaboussant les cheveux de ma cavalière devant moi.
-Ouach, c'est dégueulasse! s'écrie t'elle en se relevant.
-Comme du pipi de souris! crie un petit morveux.
-Ou du caca de chat! crie un autre.
-Qu'est-ce que j'ai dit sur le pipi et le caca? demande l'enseignante.
-LE PIPI ET LE CACA, C'EST PAR LÀ! crient les enfants, pointant de leurs petites mains la porte des toilettes.
J'ai arrêté de tousser, j'ai des sueurs plein le visage, le goût de la téquila qui remonte...
Le reste de la journée se passe sans autre anicroche majeure. À la toute fin, alors que les enfants viennent de quitter, l'enseignante s'approche de moi.
-En Saignant, j'aimerais te parler de quelque chose, me dit-elle doucement, comme seule une enseignante de préscolaire et PMT sont capables de le faire.
-Oui, je sais, c'est l'odeur, hein? Ce n'est vraiment pas mon genre de sortir lorsque je suis en classe le lendemain, vous savez? Mais c'était une belle soirée et bon... Mais ne vous en faites pas, ça ne se reproduira plus, promis. Vous pensez qu'ils s'en sont apperçu?
-Euh.... Je voulais juste te dire que je l'avais vu, moi aussi, la gomme, me dit-elle.
Soupir... Combien de jours, le stage?
Bientôt, la troisième station: En Saignant tombe sous le poids de sa croix
vendredi 7 mars 2008
Un En Saignant à la maternelle (1ère station)
Ce n'est pas de ma faute. C'est la faute de l'U.Q.A.M. Obliger les futurs enseignants à aller faire un tour dans la jungle préscolaire pour plus d'un mois, ça pouvait sembler une bonne idée pour la plupart mais pas pour le principal intéressé. Vraiment pas. Résumé d'un chemin de croix.
Première Station: En Saignant est condamné à mort
Il y a de ces détails qui vous échappent. La plupart du temps, les plus importants. Votre copine vous envoie à l'épicerie acheter des olives noires, un oignon rouge et un concombre et vous enregistrez le tout mais lorsqu'elle vous chuchote qu'elle a envie de vous faire l'amour pendant une échappée de Kovalev, oups... hors-jeu.
Donc, je savais que nous aurions des stages à faire durant notre bac. C'est normal, il faut bien s'approcher de ces petites bêtes pour connaître leurs habitudes, leur odeur, leurs sons. Mais un bon six à huit semaines ont passé avant que j'apprenne que notre deuxième stage devait OBLIGATOIREMENT se passer avec les minuscules-culs, plus petits que les ti-culs. Ouch.
-En Saignant, on dirait que tu viens d'apprendre que tu as une bactérie mortelle! me lance une confrère.
-Si tu parles de vingt-quatre minuscules bactéries qui morvent, qui reniflent, qui crient, qui pleurent, alors oui, c'est ce que je viens d'apprendre, lui réponds-je.
-Bien voyons, ça ne peut pas être si pire que ça!
-Wait and see, darling!
Pas de minuscules-culs comme voisins, comme cousins, comme neveux, rien. Aucune expérience auprès de cette faune microscopique. Je ne les ai même jamais regardé au microscope. Ce qui m'effraie, j'ai tendance à m'en éloigner, alors je m'en tiens loin. Plus pour longtemps...
Mon oncle à l'époque était directeur général d'une commission scolaire pas trop loin de Montréal. Ma mère me convainc donc de faire appel à ses services pour trouver un stage. Un lobbying soft avec une fin hard. Il me déniche une femme originale, gentille comme tout. Je la rencontre.
-Je ne prends plus de stagiaire depuis quelques années déjà mais je fais un spécial pour toi, me dit-elle.
-Merci, et je sens la pression gonfler mon ballon.
-Des garçons en maternelle, c'est tellement rare, rajoute t'elle.
-Oui, c'est vrai. Et la balloune gonfle encore un peu.
-J'ai vraiment hâte, tu m'as l'air de quelqu'un de bien, dit-elle encore.
-Merci.
Je suis vraiment prêt à éclater. Pourquoi tant d'attentes? Peut-être qu'intérieurement, elle savait que j'allait être son dernier stagiaire. Un gros-cul à éduquer parmi ses minuscules-culs...
C'est ainsi que mon calvaire a commencé. Et vous pensiez que Schwarzenneger était drôle? Attendez voir...
Bientôt, la deuxième station: En Saignant est chargé de sa croix
mercredi 5 mars 2008
Allégorie prétentieuse sur la vie, la mort, le bonheur et le malheur
Il avait les cheveux noirs et le tein foncé. Il s'habillait toujours de longs habits foncés où la lumière venait s'éteindre. On l'avait surnommé "La Mort".
La Mort avait triste réputation au village. En effet, il semblait toujours être présent lorsque des évènements malheureux se produisaient. Si ça n'avait été que ça, il aurait vécu comme tout le monde mais il y avait plus. Lorsqu'un villageois perdait la vie, il était toujours là à ses côtés, le tenant par la main, une larme coulant sur sa joue. Ses compatriotes finirent par se méfier de lui et personne ne voulut le recevoir chez lui.
Un jour, en revenant de la chasse, il l'apperçut. Elle était vêtue d'une robe fleurie et elle sentait la lavande. Ses cheveux, blonds comme les prés, dansaient sous les airs d'une douce brise. Elle lui sourit. Et pour la première fois, il eut envie d'autre chose que d'assister au dernier soupir d'un paysan. Il la surnomma "La Vie".
Les deux tombèrent follement amoureux et, après quelques semaines de fréquentation seulement, se marièrent. Alors que les hommes du village se mirent en rang pour danser avec la mariée, dans l'espoir d'entendre son rire doux qui savait faire sourire les coeurs de pierre et de roc, aucune femme ne voulait danser avec La Mort. Il se tenait à l'écart, guettant du coin de l'oeil l'aînée du village qui tremblait sur sa chaise. Il s'en approcha à pas feutrés, lui prit la main en esquissant un sourire et lorsqu'elle le vit, elle lança un dernier soupir. Ce fut la fin de la fête.
La Vie tomba enceinte rapidement, plus rapidement que les moeurs le permettaient. Les gens du village commencèrent à répandre la rumeur que le mariage s'était peut-être consommé avant même d'avoir eu lieu. Mais peu à peu, un changement se produisit.
La Mort, trop occupé à rendre La Vie confortable cessa de rendre visite aux vieux du village. On ne le vit plus rôder aux frontières de la route ou près des pics des montagnes. La Mort épargnait tout le monde de sa présence et personne ne s'en ennuyait. On se mit même à le saluer de loin lorsqu'il descendait du bois mais lui se gardait bien de leur rendre leur salut. Il n'avait de pensée que pour sa Vie et le bonheur qu'elle faisait apparaître dans la maison.
Neuf mois passèrent et La Vie donna naissance à deux jumeaux. Deux beaux petits garçons qui s'attachèrent rapidement à leur mère. Dans leurs yeux se voyait toute la bonté du monde. Les gens coururent de partout pour prendre dans leurs bras ces êtres fragiles qui distribuaient généreusement les sourires.
Toute leur attention dirigée vers la beauté exceptionnelle des deux enfants, ils ne s'apperçurent pas de l'état de La Vie, qui suait à grosses gouttes sur son lit, La Mort à ses côtés.
Les semaines passèrent et un bon matin, alors que des femmes avaient ammené les jumeaux au loin, La Vie s'addressa à La Mort de sa voix printannière.
-Prends-moi la main, veux-tu? Je suis fatiguée d'avoir mal.
-Non, je ne veux pas, dit-il d'une voix fatiguée d'avoir passé autant de nuits debout.
-M'aimes-tu? lui demanda t'elle.
-Tu sais très bien que je t'aime. Pourquoi me demandes-tu celà?
-Alors, prends moi la main, que j'habite en toi pour toujours.
Cela ne dura qu'un moment. La Mort tremblait de tous ses membres, des sueurs perlant sur son front, des larmes coulant sur ses joues comme des torrents. Il l'embrassa doucement sur le front alors qu'elle rendait son dernier soupir.
Lorsqu'au village, on apprit la nouvelle, les gens furent outrés. Ils se dirent que ça avait été un erreur de laisser La Vie seule avec La Mort. On rendit rapidement les jumeaux à leur père et on lui ordonna de marcher, sans regarder en arrière, jusqu'aux frontières du village. Et de là, jusqu'aux frontières du pays. Et de là, jusqu'à la mer...
Il partit donc, chacun de ses fils sous les bras. L'un ne faisait que pleurer et quémander toute l'attention de La Mort à tout moment. Il le baptisa "Malheur". Le deuxième était tout discret, un léger sourire accroché au visage qui semblait y habiter en permanence. Il le nomma "Bonheur".
Sur une île où ils avaient trouvé refuge, les deux enfants grandirent et le père vieillit. Sentant la fin approcher, il leur demanda de venir le retrouver dans l'abris précaire qui leur servait de refuge.
-Partez par le premier vol d'oiseau qui survolera cette île, leur demanda t'il.
-Mais pourquoi, Père? demanda Malheur.
-Parce que c'est ainsi. Je dois terminer mon voyage dans ce monde seul, sans personne à mes côtés.
-Je ne comprends pas, dit de à voix basse Bonheur.
-C'est ainsi, c'est tout. On se reverra un jour, le dernier jour...
Ils quittèrent l'île et parcoururent le Monde à la recherche d'un endroit pour eux. Ils entraient parfois dans une maison, durant un dîner ou une soirée. Pendant que Malheur chantait et dansait pour séduire ses hôtes, Bonheur se faisait tout petit dans son coin et personne ne le remarquait. Parfois, une bambine de cinq ans lui demandait de venir jouer avec elle et il s'exécutait mais Malheur, cherchant toujours l'attention, s'assurait de venir y mettre son grain de sel.
Bonheur se tanna vite de ce petit jeu. Il quitta son frère, le persuadant qu'ils trouveraient une demeure plus rapidement séparés. Avec comme seule loi de ne jamais se retrouver ensemble au même endroit. Malheur accepta et partit d'un pas décidé.
Malheur habita trouva refuge dans de nombreuses familles, souvent pour très longtemps. Il s'adaptait très bien à chacune des maisons qu'il visitait et prenait alors toute la place.
Bonheur, de son côté, se risqua dans quelques demeures mais on ne semblait pas le voir. Il quittait alors le regard bas, s'ennuyant de sa mère et de l'amour de ses yeux.
Encore aujourd'hui, ils parcourent le Monde, l'un sonnant trois fois aux maisons pour y entrer et y faire la fête, l'autre cognant tout doucement sans que personne ne l'entende, cherchant encore quelqu'un qui saura ouvrir tout grand les yeux et lui ouvrir tout grands les bras pour le réchauffer et le garder près de lui.
Humour de relâche
Mercredi matin, le Boss, la psy, la secrétaire
Sont v'nus à l'école, en s'demandant quoi faire
Mais comme personne n'est là
La secrétaire a dit
Puisque c'est comme ça, nous reviendrons lundi
Excusez-là!
dimanche 2 mars 2008
Soirée de relâche
Parfois, elles me pensent drôle.
Parfois, elles me pensent stressé.
Parfois, elles me pensent compliqué.
Ce soir, elles me pansent...